Le Mesnil-Rainfray
logo
 
Histoire

XVIIIème siècle

Paroisse du Mesnil-Rainfray, état des fiefs : le fiel du Mesnil-Rainfray, relevant de la baronnie de Saint-Pois
Source

1756

Carte de Cassini (établie de 1756 à 1815) (commune "Le Menil Rainfray")

1789

Le Mesnil-Rainfray relevait en 1789 du diocèse d'Avranches, du doyenné de Mortain, du baillage de Mortain, de l'élection de Mortain et du quart-bouillon de Mortain.

1811

Conseil général des ponts et chaussées, séance du mardi 13 août 1811 présidée par M. Lecreulx, inspecteur général.
Issue des Archives Nationales
Présents : M. Litardi, auditeur au Conseil d'État. M. Rolland, inspecteur général. MM. Le Père, Roussigné et Gayant, inspecteurs divisionnaires. M. Lamandé fils, ingénieur en chef, remplissant par intérim les fonctions de secrétaire.
[...]
Affaire rapportée par M. Bouessel [Bouëssel], inspecteur divisionnaire. Département de la Manche.
« Projet de la portion de la route départementale d'Avranches à Mortain, comprise entre le village de la Timonneraye et le carrefour de la Croix de la Tetière, commune de la Refuville [Reffuveille], Menil-Adelée [Mesnil-Adelée], Menil-Renfray [Mesnil-Ranfray], Juvigny [Juvigny-le-Tertre] et Belle-Fontaine [Bellefontaine]. »
On remarque que "Le Menil Rainfray" s'écrit alors "Menil Renfray" ou "Mesnil Ranfray"

1824

Carte Napoléon (issue des Archives de La Manche)

1829

Carte du canton de Juvigny, gravée par Pierre Tardieu (issue du Portail National des Archives)

1831

748 : c'est le nombre d'habitants au Mesnil-Rainfray en 1831
Cette valeur ne cessera ensuite de baisser pour atteindre 252 habitants en 2011 (source).

1848

Récit d'un instituteur en 1913 (source).
La Révolution de 1848 n'a laissé que peu ou point de traces, le conseil municipal d'alors s'étant abstenu de toute manifestation pour ou contre la République.
Cependant à cette époque un arbre de la liberté fut planté. Un des notables, M. de Lahoussaye présidait la cérémonie et tira un coup de fusil.
Une garde nationale fut organisée sous le nom de Bataillon de Mesnil Rainfray. Le commandant du Bataillon habitait Juvigny, le Drapeau fut disputé par les deux communes et finalement resta à Mesnil Rainfray entre les mains de M. Gilles Castille sergent.

1850

Carte d'état major (établie de 1820 à 1866) ("Le Menil Rainfray")

1870

Récit d'un instituteur en 1913 (source).
Mesnil Rainfray n'a pas eu à souffrir des invasions de 1814 et de 1870, du moins n'a pas eu à souffrir directement, l'ennemi n'ayant jamais envahi la commune.

1872

692 : c'est le nombre d'habitants au Mesnil-Rainfray

1906

En 1906, M. François CASTILLE est récompensé dans le "Journal de l'agriculture de la ferme et des maisons de campagnes de la zootechnie, de la viticulture, de l'horticulture, de l'économie rurale et des intérêts de la propriété".
Extrait de ce journal (Volume 1, 1906, page 831) :
Concours de la prime d'honneur dans la Manche
PRIX CULTURAL

M. François Castille est propriétaire par héritage d'un petit domaine de 12 hectares, au village de la Rossais, commune de Mesnil-Rainfray, canton de Juvigny.
Il en a considérablement amélioré les diverses natures de propriété et cultive avec le plus grand soin.

La prairie, d'une étendue 2 hect.30, située à un niveau inférieur à celui des cours et chemins du village, en reçoit les eaux, bien distribuées au moyen d'un système d'irrigation très rationnel.
Sur d'autres parties elle a été drainée soit par des rigoles à ciel ouvert, soit avec des tranchées couvertes remplies de fascines.
Des terreautages et des applications de scories en ont parachevé l'amélioration et l'exploitation en est faite d'une manière très pratique.
Aussitôt les foins enlevés, les animaux y sont conduits au pâturage et y prennent une bonne partie de leur nourriture jusqu'en fin octobre, époque à laquelle le sol, détrempé, cesse d'être assez résistant pour leur en permettre le séjour sans inconvénients.
Ils y reviennent de mars en mai, après quoi a lieu la pousse du foin à couper.
En raison de la grande fertilité procurée au fond, cette récolte ne manque pas d'être abondante malgré la durée prolongée du pâturage.

Le bétail entretenu est assez nombreux. Il représente une tête par hectare. Son alimentation, outre ce qui vient d'être dit, est assurée par le produit des terres labourables dont l'assolement comporte sur la moitié de l'étendue des prairies et pâturages temporaires.

Une large place accordée aux cultures sarclées est elle-même presque entièrement occupée par des plantes fourragères : rutabagas, carottes, chicorée sauvage, betteraves, topinambours.

Si le fumier de ferme demeure le principal des engrais employés, les engrais du commerce nitrate de soude, scories, kaïnite, concourent également à la fertilisation du sol d'une manière assez large et assez rationnelle pour assurer une végétation très suffisante de toutes les plantes cultivées.

Quand nous aurons dit que celles-ci appartiennent à des variétés de bon choix, que la propreté des terres ne laisse rien à désirer, que tout est en ordre et bien tenu sur cette petite exploitation aussi bien aux champs que dans les étables ;
quand nous aurons dit que la maison d'habitation, coquettement entourée d'un verger de pommiers, tapissée d'espaliers, fait elle-même grand honneur à la ménagère par une tenue digne d'éloges, nous aurons suffisamment établi les titres de l'exploitation à une très haute récompense.

M. Castille en est d'ailleurs d'autant plus digne qu'il n'est pas seulement actif et ordonné, mais qu'il s'attache dans la pratique à ne rien livrer au hasard et supplée à l'insuffisance de son instruction agricole par la lecture des revues spéciales et par les conseils éclairés qu'il prend auprès des professeurs d'agriculture.
La Commission a vu en lui un homme de progrès, confiant dans la science, abondonnant résolument la routine et affirmant une réussite sans égale chez aucun des concurrents de la quatrième catégorie.
Aussi est-ce à l'unanimité et avec plaisir qu'elle lui en a décerné le prix cultural.

1911

573 : c'est le nombre d'habitants au Mesnil-Rainfray
(soit 119 de moins qu'en 1872)

1913

Documents issus de la Collection de notices communales d'instituteurs (source).
Grâce à l'emploi des engrais chimiques, les rendements tant en grains qu'en fourrages ont considérablement augmenté depuis une trentaine d'année. L'extension de la culture des plantes racines due à l'exemple d'un cultivateur intelligent contribue à l'amélioration du sol.
Des drainages avec fagots suivis de l'emploi de la herse arrache-mousse donneraient des résultats excellents dans un nombre de prairies aujourd'hui envahies par les joncs. Un assolement plus judicieux permettrait de débarasser plus complètement le sol des mauvaises herbes.
[...]
Chaque ferme ou plus exactement chaque maison possède un verger dont l'étendue tend à s'accroître avec la consommation de l'alcool.
La commune ne produit que des cidres de qualité moyenne ou même médiocre. La vente de cidre y est nulle mais la distillation très active.
[...]
A Mesnil Rainfray, la pierre ne manque pas mais elle est de mauvaise qualité. La carrière du bois des Epinettes où travaillait un seul ouvrier parait définitivement abandonnée depuis un an.
[...]
La commune n'importe que des produits d'épicerie et des engrais chimiques.
[...]
Il y a à Mesnil Rainfray 2 aubergistes qui sont en même temps epiciers et merciers. L'un tient en même temps quelques articles de "nouveautés".
[...]
La commune est desservie par le bureau P.T.T. de Juvigny le tertre. L'unique boîte aux lettres de la commune est levée 2 fois par jour le matin vers 9h 1/2 et le soir de 2 à 4 heures (14-16H) mais seulement depuis l'élection de M. Besnier Maire au Conseil d'Arrondissement.
[...]
Beaucoup de jeunes gens quittent Mesnil Rainfray se dirigeant vers Paris. Dans quelques années des familles entières auront rejoint dans la capitale les premiers partis de leurs parents.
[...]
Les fêtes familiales : les réunions de famille ont lieu à l'occasion d'un baptême, d'une communion, le jour de la fête patronale après la tuerie du porc. On y mange et boit le plus qu'on peut et le soir on ne se quitte qu'après que toutes les personnes de la famille qui reçoit, depuis la plus grande jusqu'au bambin, ont fait le tour de la table avec la bouteille d'eau de vie.
Il n'est même pas rare de voir les jours de noces (lire mariages) les jeunes gens préférer les cartes à la danse.
La fête patronale a lieu le dimanche qui suit le 16 juillet. Elle se réduit à une vente de sous de café un peu plus importante qu'à l'ordinaire. Il y vient une marchande de jouets et d'amandes.
[...]
Les distractions : on s'amuse peu à Mesnil Rainfray. Le café tue la gaieté. Si par hasard on voit un jeu de balles, l'appât du gain en enlève le charme.
[...]
Le patois est celui de l'arrondissement de Mortain. Sans qu'on y rencontre certains mots de français mal prononcés comme dans les communes limitrophes du Maine.
L'expression "hasard" est employée à tout propos et hors de propos, mais particulièrement pour remplacer "oui". On dit aussi très fréquemment "hasard que oui ; hasard que non".
Quelques mots caractéristiques du patois :
li = lui ; le = elle ; mé = moi ; té = toi ; chva = cheval ; joument = jument ; pirotte = oie ; pi = puits ; praie = prairie ; avenidre = atteindre
[...]
En 1913, une épidémie violente de rougeole a sévi sur la population scolaire et enfantine. Les classes non licenciées sont restées près de 11 jours sans aucun élève.
[...]
Et la conclusion de cet instituteur :
De grands progrès ont été réalisés en agriculture au point de vue rendrement, grâce à l'emploi des engrais chimiques : malheureusement beaucoup de cultivateurs ne savent pas ou ne veulent pas savoir que le véritable nom de ces engrais est engrais complémentaires et qu'ils ne doivent être employés que concurremment avec le fumier. L'emploi ce ces engrais n'est pas assez raisonnée, on les répand au petit bonheur. De ce côté l'éducation du cultivateur reste à faire.
Les races d'animaux s'améliorent mais trop lentement parce que la sélection n'est pas assez rigoureuse. On trouve toujours une quantité de bonnes raisons pour garder un jeune animal n'ayant aucun avenir au lieu de le vendre et de le remplacer par un meilleur acheté au marché.

De grandes améliorations sont nécessaires au point de vue des voies de communication. Des villages importants la Havardière, Piconray, le Chesnay, la Rousselière ne sont desservis que par des chemins ruraux qui sont de véritables foudrières.

Une classe ou école pour les filles s'impose. La commune a présenté un projet de classe qui dort dans les cartons du Ministère.

Enfin il est de toute nécessité de poursuivre avec acharnement la lutte contre l'alcoolisme. On ne peut se faire une idée quand on n'habite pas le pays de la quantité d'alcool consommé. Il est certainement consommé en moyenne plus de cidre sous forme d'eau de vie que sous forme de boisson et cela sans tenir compte de l'alcool bu en dehors des fermes les jours de foire, de marché et le dimanche. Il est malheureusement à craindre que cette lutte ne dure longtemps avant de donner des résultats appréciables.
L'institeur mentionne les étangs et moulins :
Les étangs du Plessis n'est plus que des mares et celui des Signaux a fait place à un pré.
[...]
Les 2 moulins de la commune sont abandonnés depuis longtemps déjà.

1944

Pendant la seconde guerre mondiale, Mortain était un point important, les allemands étaient à Mortain et réquisionnent de nombreux biens.
Des munitions allemandes sont entreposées à La Rossais (stockage militaire, essence, munition).
Récit de cette période, rapporté dans le livre "Mortain dans la bataille de Normandie", par Gilles Buisson · 1971 :
MORTAIN DANS LA BATAILLE DE NORMANDIE.
Le drapeau tricolore flotte sur la mairie de Perriers-en-Beauficel.
Au centre, les Allemands se sont repliés, dans la nuit, sous la protection de leur artillerie lourde et d'un bombardement aérien dont ils ne semblaient plus être capables.
Ils ont dû « racler leurs fonds de tiroir ». Une grosse formation, précédée d'avions - éclaireurs lanceurs d ' "arbres de Noël" ( ainsi les soldats ennemis avaient-ils baptisé les fusées à éclairage persistant dont se servaient, quelques jours auparavant, les Alliés) a déversé sur tout le front une pluie de bombes qui a atteint la vallée de la Cance, à Romagny, d'où le 1er bataillon du 119ème s'était retiré prudemment.

LES ALLEMANDS BATTENT EN RETRAITE.
Chévreville , Fontenay , le Mesnil-Rainfray et la Bazoge.
Les explosions ont été d'une extrême violence et les déflagrations, jointes au vacarme de la Flak, donnaient l'impression d'un tremblement de terre.
Ces bombes, larguées trop à l'est, n'étaient pas tombées sur les batteries que défendait une puissante D.C.A.
De plus il y avait eu un manque de liaison entre les avions- éclaireurs et les avions-bombardiers, ceux-ci n'étant arrivés qu'après l'extinction des bombes éclairantes.
Mais certaines bombes avaient désorganisé les transmissions américaines : des routes avaient été creusées de grosses excavations et les téléphonistes avaient eu du mal à rétablir les circuits coupés.
Une bombe moyenne est tombée à la Bazoge sur une maison de la Chesnais où elle a tué plusieurs G.I.'s.
Le bourg de Fontenay et son église ont été touchés ainsi que la ferme de la Rossais au Mesnil-Rainfray, où un dépôt de munitions avait été enlevé peu auparavant.

Bellefontaine - Saint-Barthélemy : Les Américains tiennent désormais, sur toute sa longueur, la route Mortain Chérencé-le-Roussel.
A 8 heures, le 3ème bataillon du 119ème occupe le carrefour et les fermes de la Soufficière et, à 13 heures, il avance vers l'est en direction du hameau de la Graverie où il prend contact, sur sa droite, avec le 12 R.I. qui a repris Saint-Barthélemy, à midi, avec des éléments du 117ème R.I. et du « Combat Command B » qui a perdu six chars dans l'opération.
Les colonels Luckett et Johnson font leur entrée dans les ruines de la bourgade.
La cote 285 est toujours occupée par le gros du 1er bataillon du 120ème R.I. que les mitrailleurs de la compagnie B ont rejoint ont rejoint un peu après minuit. [...]
Photos de Juvigny le Tertre à la libération en 1944 :

1961

Averse de grèle le 4 mai 1961.
Extrait de journal relatant ces intempéries (Voir l'article dans la Gazette de la Manche)
Des grêlons gros comme des billes, puis comme des œufs, et même bien plus gros (beaucoup pesaient 200 grammes et plus !)
L’orage a duré trois à quatre minutes à La Bazoge, mais plus longtemps au Mesnil-Rainfray.
Une fois l’averse terminée, chacun a pu contempler le désastre. « Toutes les toitures de la commune étaient détruites ou à refaire, les jardins « hachés » les arbres dépouillés et « écorchés », les récoltes anéanties en certaines fermes. »
Les villages du Sud-Manche notés par le curé sont : La Coltière, Grezellière, La Buissonière, Le Chesnays, La Rossais, L’Étang, La Rousselière.
Le couloir marquait la ligne suivant laquelle s’était déplacé le centre du phénomène : La Trombe s’était formée sur Isigny, puis avait gagné Chasseguey, Le Mesnil-Rainfray pour atteindre Juvigny et Sourdeval, et c’est ensuite le vent qui ravagera Vire, Lisieux, Évreux.

1976

Année de sécheresse
Extrait de journal relatant cette sécheresse (Voir l'article dans Ouest France)
À l’époque, au 19 août, 20 % des 589 communes de la Manche étaient sévèrement touchées par la sécheresse.
Les habitants subissaient des coupures d’eau. Les châteaux d’eau étaient ravitaillés par les pompiers.
Et, ici et là, on surveillait le niveau des points de captage.

1983

Opération de remembrement

1999

Tempête du 25 au 29 décembre 1999.

2017

La commune du Mesnil-Rainfray devient une commune déléguée de Juvigny Les Vallées.

2022

Année de sécheresse.
Extrait de journal relatant cette sécheresse (Voir l'article dans Ouest France)
La Manche, comme le reste de la France, est confrontée à une sécheresse historique. D’ailleurs, cinq de ses six territoires sont placés en situation de crise.
Une situation globale qui rappelle celle de l’été 1976. « Seule l’année 1976, à cette même période, présente un cumul de pluie inférieur à celle enregistrée en 2022. »

2024

Célébration des 80ans du débarquement au Mesnil-Rainfray.

Extrait de journal suite à la journée (Voir l'article dans Ouest France) :
Au Mesnil-Rainfray, le passage des reconstitueurs attire la foule
Bal, feu d’artifice, brocante militaire et présence de reconstitueurs en tenue d’époque : l’après-midi de festivité pour les 80 ans de la Libération a fait le plein, ce dimanche 4 août 2024, à Juvigny-les-Vallées (Manche).
L'affiche de l'évènement
Article dans le journal "La Gazette" France annonçant l'évènement
Le Mesnil-Rainfray : 80e anniversaire de la Libération : Le 4 août sera... exceptionnel !
Une fête sur 10 ha [...]
Une reconstitution avec 300 figurants et 80 véhicules ! [...]
Un défilé de véhicules d’époque [...]
Page Facebook dédiée à l'évènement